Aux origines du Ragdoll
Une histoire embrouillée, une créatrice déterminée, visionnaire et fantasque, et une chatte blanche : les ingrédients d'une recette réussie, celle du Ragdoll.
Le Ragdoll,
la véritable histoire d'un chat de légende
Préambule · Les origines
Miracle. On parle de mystère lorsqu'on évoque l'apparition du ragdoll. Ce n'est pas le mot que j'emploierais. Le ragdoll est le fruit d'un miracle. Certes depuis le début et comme dans beaucoup d'autres races, des rumeurs ont circulé sur sa création à partir du croisement de races plus anciennes et connues, cependant des recherches poussées et l'étude attentive des pedigrees semblent confirmer une origine complètement différente.
La légende
Avec seulement les deux chatons colour-point de Joséphine, Raggedy Ann Buckwheat, une femelle noire de type Birman, fille de Blackie et Joséphine, et Raggedy Ann Fugianna une femelle bicolore fille de Daddy Warbucks, et le magnifique Daddy Warbucks, lui-même fils de Joséphine, elle réussit, avec courage, ténacité, et quelquepart un petit grain de folie, à s'accrocher à la barre contre vents et marées et mener son bateau et ses merveilleux passagers jusqu'à nous.
Ann Baker
Impossible de parler des Ragdolls sans évoquer Ann Baker, la fondatrice. L'histoire qui suit est la sienne, une partie seulement puisqu'elle apparaît sur scène vers l'âge de 47 ans, en même temps que les Ragdolls, alors qu'elle est née vers 1918.
D'après un article de presse, elle était ingénieur dans les années cinquante. Après avoir subi un traumatisme crânien, elle dirigea une entreprise de nettoyage avant d'ouvrir finalement sa chatterie. Le hasard lui fit croiser le chemin de Joséphine, et leur destin à toutes les deux bascula.
Son nom rime aussi avec la chatterie Raggedy Ann, l'IRCA et les races félines Honey Bears, Ragdolls Hobby Cat, Ragdolls Tu's, Miracle Ragdolls, Chérubims, BabyDolls, Angels, Symonese et enfin Caténoids. Ann Baker conservait beaucoup d'informations dans sa mémoire. Sa hantise d'être spoliée l'amenait à maintenir secrète une partie de son histoire, et de celle du Ragdoll.
Au fil des interviews et de son intarissable correspondance-fleuve, elle en dévoila une partie. Mais il est bien difficile, même de nos jours, d'imaginer quelle proportion émergée de ce gigantesque iceberg elle a bien voulu nous montrer, d'autant plus que ses versions varient d'un interlocuteur à un autre, d'une interview à l'autre et au fil du temps.
À propos de cette chronique
Je n'ai pas personnellement connu Ann Baker. Les informations compilées ici sont donc de seconde main, voire de troisième ou davantage. Toutes les sources qui ont servi à cette documentation sont citées. J'ai essayé de remonter au plus près des principaux acteurs de cette singulière épopée.
Je me suis appuyée principalement sur l'étude de l'historien Wain Pearce du RFCI, réalisée à partir des documents que Blanche Herman, grande figure du monde du Ragdoll et confidente d'Ann Baker, leur a légués lorsqu'elle nous a quittés en 2006.
J'ai également utilisé le Definitive Guide to Ragdolls, livre de légende anglo-saxon aujourd'hui introuvable. Le dernier exemplaire à avoir circulé s'est vendu autour de 500 euros.
Plus difficile d'exploitation fut le DVD filmé par Dave Chambers directement dans le bureau d'Ann Baker, où elle donne des conférences sur le Ragdoll, entièrement en anglais californien.
Je n'ai pas non plus la prétention de prouver les assertions des uns ou des autres, ni de réécrire l'histoire du Ragdoll. J'ai simplement croisé sa route un jour. De cette route partait un fil d'Ariane bien emmêlé et surtout écrit en anglais. J'ai alors décidé de m'attacher à le remettre en ordre et à le traduire pour vous guider sur les pas de cette femme certes compliquée, têtue, autoritaire et difficile à vivre, mais à qui nous devons tous ces merveilleux Ragdolls et qui mérite, sans détour, notre gratitude.
Dans les articles suivants, les paragraphes en italique rapporteront les paroles d'Ann Baker issues de témoignages, d'interviews et de courriers échangés avec Jill A. Hill. Les encadrés reproduiront des extraits des deux livrets de l'IRCA : IRCA and the Ragdoll Documentary, publié par Ann Baker en 1978, et IRCA and the Honey Bears Documentary, publié en 1980.